La RIAA va-t-elle "lobbyer" en faveur d’une invasion armée du Canada ?
Une étude de plus sur l’échange de fichiers sur Internet, commissionnée par le gouvernement canadien, qui démontre que les utilisateurs de logiciels peer-to-peer achètent plus de musique que ceux qui n’échangent pas.
Vivement une étude démontrant l’impact sur les ventes de disques du boycott des majors par les internautes !
YAAAARR !!
La nouvelle sonne comme une réaction directe à la promulgation du ridicule texte Français sur le droit d’auteur (DADVSI) par lequel les industriels de la culture espèrent imposer leurs modèles économiques obsolètes.
Le Parti Pirate suédois, organisation quelque peu extremiste créée suite à la saisie abusive, sous la pression de la MPAA et du gouvernement américain, des ordinateurs de The Pirate Bay (et de ceux de 200 sociétés qui étaient hébergés dans le même local !), vient de lancer un service commercial qui risque de faire parler de lui.
Baptisé Relakks, ce réseau payant (temporairement inaccessible, victime du succès de son annonce !) est un "Darknet", un réseau permettant de surfer ou d’utiliser le peer-to-peer de façon complètement anonymisée, permettant à ses souscripteurs d’échanger ce que bon leur semble, sans crainte d’être surveillés ou embêtés.
Il était inévitable que de tels services deviennent accesibles au grand public. Il s’agit en somme d’une adaptation naturelle du réseau à la politique rétrograde et répressive des industriels... Le seul problème est qu’il sera désormais impossible d’obtenir des données statistiques sur qui écoute/regarde quoi, qui veut écouter/regarder quoi...
Dommage pour les industriels qui ont raté ici une formidable occasion de se doter avec le p2p d’outils marketing surpuissants... Yay !
Sous l’intitulé "La guerre des DVD contre les consommateurs", BusinessWeek analyse de façon pertinente les futurs DRM que les industriels s’apprêtent à intégrer dans les successeurs du format DVD : Blu-Ray et HD-DVD.
Des scenarii tous plus orwelliens les uns que les autres sont évoqués, dans lesquels par exemple un fabriquant se réserve la possibilité de désactiver à distance des appareils dont le système de DRM aurait été "cracké" ("Maman ? pourquoi le lecteur de DVD ne marche plus ?").
De biens beaux exemples de l’absurdité pour les industriels de tenter de pallier un manque flagrant d’innovation par un techno-protectionnisme coûteux et nuisible pour tout le monde. Pour imposer cela aux consommateurs, il fallait au moins un traité OMPI/DMCA/EUCD/DADVSI !
Qui a dit "Boycott !" ?
L’industrie du disque coréenne, représentée par la KMPA (équivalent coréen de la RIAA) vient de signer un accord avec un réseau de peer-to-peer, afin de le transformer en un service payant.
Il est amusant de noter qu’un morceau de musique "normal" coutera 0.72$ (700 KRW), alors qu’un morceau infecté par un DRM coutera 0.51$ (500KRW).
Il s’agit donc de la preuve, fournie par les industriels de la musique eux-mêmes, de la valeur inférieure d’un morceau contraint par ces technologies de restriction de l’usage privé !
Les limitations qu’elles font peser sur les utilisateurs transforment les morceaux en des produits inférieurs... dans le meilleur des cas ! En effet, ils peuvent aussi les transformer en produits dangereux en termes de sécurité informatique, de respect de la vie privée, ou induire des distorsions de concurrence bloquant l’innovation...
Vivement que le marché balaye ces aberrations techniques et économiques !
Après la débâcle de Sony-BMG et des révélations sur son logiciel-espion XCP qui avait fait baisser les ventes de ses disques, c’est au tour d’EMI de distribuer au Brésil des CD dont le comportement, une fois insérés dans un ordinateur, laisse rêveur :
Un contrat apparait, dans une interface en Flash (impossible de faire de copier/coller du texte) particulièrement illisible, et mal traduit de l’anglais vers le portugais. Il est indiqué que le texte du contrat est disponible en ligne sur le site d’EMI, ce qui est faux.
Le contrat explique qu’il faut installer un logiciel "pour pouvoir lire le CD" et que des logiciels pourraient restés installés même après une désinstallation (sic).
si l’utilisateur refuse les conditions du contrat et clique sur "Je refuse", le logiciel s’installe quand même... (re-sic)
Célebrons l’arrivée de ce nouveau DRM espion (qui a lui, au moins la politesse de prévenir avant de s’incruster sur les ordinateurs ! ) Gageons de toute façon que si les consommateurs réagissent et que les ventes de disques d’EMI baissent, la faute sera rejetée sur le "piratage" !
Jon Lech Johansen est connu sous le sobriquet de "DVD Jon" depuis qu’il a, à l’âge de 16 ans, cassé CSS, le mécanisme de brouillage du contenu des DVD (Il avait à l’époque réalisé DeCSS afin de pouvoir lire un DVD qu’il avait acheté sous son système GNU/Linux) Le procès que lui a intenté l’industrie du cinéma (il a finalement été acquitté) semble lui avoir donné, en plus d’un solide bagage juridique, une conscience politique et une dent contre les industriels du contenu.
Il vient en effet de déposer le nom de domaine deaacs.com, montrant sa nette volonté de s’attaquer à AACS, le mécanisme de contrôle de l’usage des futurs media en
Il s’explique sur son site : "Quiconque a lu les termes de la licence du CSS sait que l’objectif principal est le contrôle du marché des lecteurs [et non d’empêcher le piratage]. N’adorez-vous pas quand votre lecteur de DVD vous dit "cette opération est interdite" lorsque vous tentez de passer l’intro [et les pubs] ? .../... vivement que des produits protégés par AACS sortent !"
Un site permet d’enregistrer les promesses d’internautes qui s’engagent à ne jamais acheter de CD avec un DRM si 500 personnes dans le monde font la même promesse.
Lancé le 6 janvier, l’objectif des 500 a déjà été atteint, mais rien n’empêche de continuer à signer...
Les avocats de la Recording Industry Association of America (RIAA) ne reculent devant rien dans leur lutte du bien contre le "piratage". Une jeune fille de 15 ans vient de témoigner s’être fait intimider et extorquer de faux témoignages "pour leur faire gagner leur affaire" par les avocats de la puissante association représentant les interêts de l’industrie du disque aux USA.
On comprend mieux comment les milliers d’actions intentées par la RIAA contre des internautes ayant échangé sur les réseaux p2p se sont soldées par des arrangements financiers avant même qu’il y ait procès !
Une (longue !) liste de CD entravés par des dispositifs de contrôle de l’usage privé (DRM).
Valable pour l’Angleterre, mais il y a sûrement de nombreux points communs avec le marché Français.
A l’ère des technologies de l’information et des nouveaux usages culturels qu’elles engendrent, tout le monde s’accorde sur la nécessité impérative de rémunérer équitablement les artistes (auteurs, compositeurs, interprètes). Examinons de plus près ce qu’il en est du côté des industriels du disque.
A la page 30 du N°17 du magazine "Challenges" daté du 5 janvier 2006, sous un article défavorable à la "License Globale", se trouve un graphique plutôt intéressant, dont les chiffres ont été repris ci-dessous. (la présentation a été refaite)


Analysons les chiffres de la répartition de ces 99 centimes :
La part qui revient aux producteurs/grossistes saute aux yeux. Elle semble supérieure à celle obtenue sur les ventes de CD (entre 52 et 55% à vérifier [1]).
Il s’agit ici de près des deux tiers du prix de la vente, mais nous verrons par la suite que si le producteur est également éditeur et distributeur en ligne (par l’intermédiaire de son site marchand), ces revenus peuvent encore augmenter.
Une fois la TVA acquittée (en gris foncé, 19 centimes), 1 centime est nécessaire pour payer la liaison à Internet (couleur saumon), 1 centime pour couvrir les frais bancaires (en jaune) et 1 centime pour les frais de licence du logiciel de restriction de l’usage privé ("DRM" en vert).
Le détaillant de la chaîne de distribution doit investir dans les disques durs sur lesquels sont stockés les morceaux de musique numérisés, les baies de serveurs, la numérisation des œuvres, la création et l’entretien d’un site de vente du catalogue . L’infrastructure de ces hypermarchés de la musique formatée, appelés, on ne s’en lasse pas, ""plateformes légales"" par les cyniques industriels.
Il convient de remarquer ici que dans le cadre d’échanges privés réalisés entre internautes, de telles ressources sont fournies et partagées par tous, chacun mettant à disposition des autres :
une partie de l’espace de stockage de ses disques durs,
une partie de la bande-passante [2] de sa connection à Internet,
une partie de sa force de travail pour numériser les œuvres à partir de supports obsolètes (ripping)
une part non-négligeable de son "temps de cerveau disponible" pour apporter du contenu et du sens au réseau : blogs, commentaires, selection, tagging, [3], etc.
Dans le cadre d’échanges privés de musique, l’acquisition d’ordinateurs et de matériel informatique, la maintenance, l’abonnement à internet, le travail collectif, etc. qui sont à la charge des internautes correspondent donc ici à sept [4] centimes. (Ceci n’avait pour seul but que de répondre au mythe de la "musique gratuite".)
La portion rouge vif séparée du graphique est celle destinée aux artistes. Auteurs, compositeurs, interprètes se partageront entre eux ces miettes [5] généreusement mises à leur disposition.
Si au moins ces trois centimes étaient réellement reversés aux artistes... Il semble hélas en pratique que les majors leur font renoncer à leurs droits lorsque leurs œuvres sont vendues sur Internet, à l’occasion de la renégociation de leurs contrats, celle-ci découlant d’une obligation légale [6] imposée par notre droit d’auteur. Notons que l’objectif de cette renégociation est que les contrats ne puissent pas être trop défavorables à l’artiste, comme c’est le cas dans le système du Copyright...
Heureusement, la SACEM est là ! Après tout, ses sociétaires sont les auteurs et les compositeurs. Une partie des 7 centimes qu’elle obtient par l’intermédiaire de la SDRM devrait revenir à la création.
Il est nécessaire ici de faire des contorsions pour avoir une petite idée de ce qui revient réellement aux artistes sur ces 7 centimes :
selon le rapport de la Cour des Comptes de 2004, sur 100€ versés à la SACEM, 79 sont reversés aux sociétaires. [7], soit 79%.
La loi impose que la SACEM répartisse ces 79% de la façon suivante : 25% aux auteurs, 25% aux compositeurs, 50% aux éditeurs. Or la plupart du temps les éditeurs sont des filiales des majors, ce qui ajoute une source supplémentaire de revenus pour les producteurs de l’ordre de 2,76 centimes (50% de 79% de 7 centimes) récupérés via la gestion collective.
=> Ce serait donc 2,76 centimes qui seraient répartis à égalité entre les auteurs (1.38 centime), et les compositeurs (1.38 centime).
Lorsqu’une major de la production éditant elle-même les œuvres de ses artistes vend un album de 15 pistes par sa propre plateforme, elle touche plus de 10€.
Si les internautes pouvaient payer directement 7 centimes aux artistes à l’origine d’un morceau (auteurs, compositeurs, interprètes), ceux-ci seraient nettement mieux rétribués que lorsqu’ils sont distribués par les majors. Ils percevraient ainsi 1.05€ pour un album de 15 pistes, soit à peine plus que le prix actuel d’un morceau.
Les artistes ont donc semble-t-il tout interêt à s’émanciper des industriels du disque pour s’orienter vers l’auto-production (ou la mutualisation de ressources d’auto-production) et être distribués par d’autres biais que les canaux traditionnels. Ainsi si les coûts de distribution et une partie de la promotion sont pris en charge par les internautes, il suffirait de payer 1€ par album, directement aux artistes, pour mieux les rémunérer qu’ils ne le sont par l’intermédiaire des majors.
Il serait temps de dissiper cet amalgame entretenu par les industriels entre leur propre interêt et celui "des artistes", ou "de la création". La part des artistes est celle sur laquelle ils peuvent le plus facilement rogner pour gonfler leurs marges, et il semblerait qu’ils ne s’en privent pas.
Le prix de la licence des DRM, reversé aux entreprises éditrices de ces logiciels de contrôle [8] qui considèrent le public comme des ennemis (présumés coupables de contrefaçon), représente 33% des revenus des artistes.
[1] Si quelqu’un a de meilleurs chiffres que ceux du SNEP ou du CSPLA, je suis preneur
[2] La bande-passante est en quelque sorte le diamètre du tuyau qui relie à Internet.
[3] insérer votre buzzword web2.0 ici..
[4] 6 centimes (plateforme) + 1 centime (telecom) = 7
[5] 1/33ème, un trente-troisième...
[6] Art L.131-3 du Code de la Propriété Intellectuelle : "La transmission des droits de l’auteur est subordonnée à la condition que chacun des droits cédés fasse l’objet d’une mention distincte dans l’acte de cession et que le domaine d’exploitation des droits cédés soit délimité quant à son étendue et à sa destination, quant au lieu et quant à la durée."
[7] une fois les modestes frais de gestion prélevés. Hhhum.
[8] déja fortement concentrées et extra-européennes
Répartition des 99 centimes d’un morceau de musique vendu en ligne.
Répartition des 99 centimes d’un morceau de musique vendu en ligne.
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