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Dernière mise à jour :
mercredi 7 novembre 2007







 

     


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Divergence fondamentale... paroles paroles !
mercredi 14 juin

Lors de l’examen de la loi DADVSI à l’Assemblée, le ministre de la culture, enjoint à lever l’urgence dans laquelle ce texte est examiné a, à sept reprises, promis que "s’il y avait une divergence fondamentale entre l’Assemblée nationale et le Sénat, nous ne convoquerions pas immédiatement la commission mixte paritaire mais qu’il y aurait une navette."

Aujourd’hui, les deux députés UMP B.Carayon et R.Cazenave, rappellent que les différences entre les textes de l’assemblée et du sénat sont trop fondamentales pour que la CMP soit convoquée.

Alors que le ministre nie les différences entre les deux versions, et que le texte a de grandes chances de finir sa course lors d’un passage en force en CMP, le rappeur de choc du wU-M-P nous gratifie d’un formidable mash-up : RDDV + Dalida... "Paroles, Paroles !" il fallait oser !

Gageons que les ayants-droit de Dalida pourchasseront cet infâme pirate jusqu’à l’épuisement !!

Le lobbying du DADVSI dans le Herald Tribune
lundi 22 mai

Un remarquable article du International Herald Tribune revient sur les incroyables pressions que les lobbyistes de tous poils ont fait peser sur les députés et les sénateurs au cours de l’examen du projet de loi DADVSI.

Leurs procédés y sont précisément décrits, et beaucoup y sont explicitement nommés : Vivendi-Universal (et son "énergique" représentante Sylvie Forbin), Apple, Time-Warner, Thomson, l’ARP ... et EUCD.INFO.

La liste, incomplète (il manque notamemnt la SACEM) révèle bien du déséquilibre de l’influence, au profit des producteurs de contenus et de logiciels de contrôle...

sur le web : L’article
DADVSI en deuxième lecture ?
lundi 15 mai

Depuis dimanche 14 mai, quelques jours après le saccage vote au Sénat du texte sur le droit d’auteur, le site de l’Assemblée Nationale fait état d’une deuxième lecture et d’un renvoi en Commission des Lois.

Vu sur le site de l’Assemblée
lu et relu... nous n’avons pas la berlue !

Bug grossier du personnel de l’Assemblée ? Peu probable, et une telle maladresse n’aurait pas duré pendant deux jours...

Le ministre aurait-il tenu sa promesse d’appeler une deuxième lecture en cas de désaccord entre les deux chambres ? (En séance du 9 mars 2006 : "J’ai pris l’engagement devant vous, au nom du Gouvernement, en cas de divergence fondamentale entre l’Assemblée nationale et le Sénat, de ne pas convoquer immédiatement la commission mixte paritaire, mais d’organiser une navette." )

Il subsisterait dans ce cas un espoir que ce texte puisse devenir autre chose que le sac de noeuds illisible, dangereux et inapplicable que nous a livré le Sénat...

EUCD.INFO publie son analyse de la "petite loi" DADVSI
mercredi 5 avril
Tout est dans le titre... Une analyse alinéa par alinéa des articles 7, 8, 9, 12bis, 13, 14, 14bis et 14quater, de la loi telle que votée à l’Assemblée, et qui devrait être examinée dans le cadre d’une seconde lecture au Sénat début mai.
DADVSI : v’la la p’tite loi !
vendredi 17 mars

"petite loi" [petitlwa] : nf. folklore legislativo-parlementaire. Se dit d’un texte de loi consolidé des amendements votés à l’Assemblée Nationale, avant la seconde lecture au Sénat. Ex :"-Ou est la petite loi ? -Tu as regardé dans le tiroir ?"

Celle du DADVSI vaut le détour car jusque dans la réalisation même du document transparait un côté... humm.... analogique ! Ce texte est à tout points de vue monstrueux, espèrons qu’il prendra un bon coup de Kärscher(tm) en deuxième lecture !

La "petite loi" DADVSI
Le texte de DADVSI suite à la lecture à l’Assemblée, avec tous les amendements qui ont été votés... Prêt pour le vote solennel puis le passage au Sénat.

(Pour un coup d’œuil rapide, regarder la page (9)

texte - 63.5 ko
La petite loi au format "texte brut"
Plus pratique pour faire des analyses de texte, des copier-coller, etc
DADVSI : Appel commun au retrait de l’ordre du jour parlementaire
vendredi 10 mars

DADVSI : Appel commun au retrait de l’ordre du jour parlementaire

Paris, le 9 mars 2006. Communiqué de presse.

« Étant donné les conditions d’examen du projet de loi DADVSI, il est devenu indispensable que le gouvernement retire ce texte : il n’est pas possible aujourd’hui de parvenir à une loi assurant de façon juste et équilibrée le respect des droits du public et des créateurs. Seul le retrait du texte de l’ordre du jour peut permettre de reprendre un débat serein, et de légiférer dans l’intérêt général, pour aboutir à un texte dont chacun reconnaisse la légitimité. »

Signataires : Free Software Foundation France, EUCD.INFO, Ligue ODEBI, APRIL, Alliance Public-Artistes : SPEDIDAM, ADAMI, FNS, SNM-FO, SAMUP, SNEA-UNSA, UMJ, SAIF, UPC, SNAP-CGT, Quartz Electronic Music Awards, La Ligue de l’enseignement, UNAF, Audionautes,CLCV, UFC Que-Choisir.

sur le web : RETRAIT DU DADVSI
DADVSI 2.0.2 (bêta) : On efface la gomme ! 08 Mars 2005
jeudi 9 mars

[brève en attente de rédaction de quelque chose de plus consistant]

2ème jour de la reprise des débats DADVSI. Après de nombreuses suspensions de séance suite à des rappels au règlement, poursuite du vote des sous-amendements à l’amendement 272, sensé remplacer l’article 1 supprimé par le gouvernement, car contenant le germe de la diabolique "licence globale".

Contre toute attente, une exception au contournement des MTP à des fins d’archivage en bibliothèque (amendement 311) est votée dans une version moins restrictive que celle, vide de sens, présentée par le gouvernement.

Puis la nouvelle tombe sous la forme d’une dépèche AFP : Le gouvernement serait obligé de reculer sur l’escamotage de la veille, et de remettre l’article 1 qui avait été effacé !! Coup de tonerre dans l’hémicyle ! Tout le monde est abasourdi : La manoeuvre était en fait anticonstitutionnelle, et plutôt que de risquer de se faire allumer par le Conseil, le gouvernement serait contraint de revenir sur son escamotage...

Mais quid de l’amendement 272, en cours d’examen, sensé remplacer l’article 1 ressuscité ? Mystère... Personne semble vraiment savoir comment sortir de cette impasse législative. Le ton monte, les noms d’oiseaux fusent. Entre l’opposition fustigeant le gouvernement, et ce dernier, appuyé par la majorité, tentant de faire contre mauvaise fortune bon coeur en continuant tout de même l’examen du 272... Le débat s’empêtre. Il est déja 1h. La suite demain, 9h30.

Le rapporteur Vanneste, croisé rue de l’Université, interrogé sur la "stratégie" du gouvernement pour sortir de l’ornière, révèle le "plan" : continuer le vote de 272 (l’article remplaçant le 1) puis le faire voter... Ensuite porter au vote l’article 1 pour le faire rejeter par la majorité UMP... et se retrouver avec un seul article 1. (simple non ?) Chacun de ces mouvement est sans doute à la limite de la constitutionnalité, et l’on n’a sans doute pas fini de glousser...

sur le web : http://
"Best-of" DADVSI 1.0
lundi 6 mars

L’Association pour la Promotion et la Recherche en Informatique Libre (APRIL) vient de mettre en ligne une compilation de citations des différents députés ayant pris la parole lors de la première session de l’examen du projet DADVSI, les 20, 21 et 22 décembre dernier.

Elles sont classées par thèmes (logiciels libres / interopérabilité / "piratage") et pourront servir de base pour suivre l’évolution des positions des uns et des autres, au cours de la deuxième phase qui débute ce mardi 7 mars.

Bravo et merci à Benoît Sibaud !

Le parlement australien reconnait la nocivité des DRM et de leur protection juridique
jeudi 2 mars

La Commission des Affaires Juridiques et Constitutionnelles du parlement australien vient de rendre un rapport critique sur la protection juridique des DRM. 

Après avoir été contraint, dans le cadre d’accord bilatéraux avec les US, d’implémenter une loi équivalente au DMCA américain et à la directive EUCD dont le projet DADVSI sera la transposition, le parlement explique que la protection va beaucoup trop loin.

Il recommande notamment, pour contrer cette nocivité, d’ajouter de très nombreuses exceptions permettant le contournement des dispositifs techniques de contrôle à des fins de recherche informatique, d’interopérabilité, d’accès aux oeuvres, d’archivage en bibliothèque, ou tout simplement pour se débarasser de logiciels espions parfois contenus dans les DRM.

En somme, il s’agit un peu de ce qu’explique l’initiative EUCD.INFO au sujet du projet DADVSI, depuis maintenant 3 ans...

DADVSI 2.0 - Toujours aussi inacceptable.
jeudi 2 mars

A 5 jours de la reprise le 7 mars de l’examen à l’Assemblée Nationale du projet de loi relatif au droit d’auteur et aux droits voisins dans la société de l’information (DADVSI), les nouveaux amendements du gouvernement viennent d’être publiés (à partir du numero 257).

L’initiative EUCD.INFO a publié une analyse de la nouvelle mouture du texte : il semble que le gouvernement n’a accédé qu’à très peu de ses demandes, et que le texte demeure tout aussi dangereux pour la libre concurrence (sur les marchés de la diffusion de contenu en général et pour les logiciels libres en particulier), pour les libertés individuelles, et pour la sécurité des systèmes informatiques.

Il reste quelques jours pour prendre rendez-vous avec son député et lui expliquer les vrais enjeux du projet de loi, loin du brouhaha médiatico-lobbyiste qui voudrait tout ramener à une question de telechargements.

Sur le web
DADVSI : le pire du pire adopté au Sénat
Compte-rendu des débats du 10 mai et analyse de texte.
vendredi 12 mai 2006
par jz
imprimer l'article
Suite au vote de la veille d’une version amputée de l’article 7 concernant l’interopérabilité (faisant basculer le texte d’un régime d’interopérabilité de droit à une interopérabilité potentiellement négociable), les sénateurs ont poursuivi leur massacre, à toute vitesse, du texte de loi, avec pour certains un manque de courage politique faisant parfois mal à la citoyenneté.

Dans l’équilibre subtil des forces au Sénat (des proporitions très proches de sénateurs UMP, UDF et PS), les votes des sénateurs du groupe PS, au delà de leur posture d’opposition manifeste, a été sur de très nombreux points déterminante.

?
Une pancarte lors de la Marche pour les Libertés Numériques organisée par StopDRM.info

l’interopérabilité "porte fermée"

Les débats ont repris avec l’examen de l’amendement 18, article additionnel avant l’article 7bis. Cet article détermine la mission de la "Haute autorité de régulation des mesures techniques" dans le domaine de l’interopérabilité.

Exit la possibilité pour tout citoyen de saisir le tribunal pour ordonner à un éditeur de mesure technique la publication des informations nécessaires à l’interopérabilité avec ses DRM (pour permettre à n’importe qui d’entrer en concurrence en réalisant des produits pouvant lire les oeuvres verrouillées par ce fabriquant).

DRM - Le silence d’une chanson
Illustration - Copyleft LL de Mars

Désormais la "haute autorité" pourra être saisie afin de "susciter la conciliation" puis éventuellement décider (elle peut refuser) de demander la publication d’informations pour un coût "raisonnable et non-discriminatoire" [1]. La nature même de ces informations a été altérée, de telle sorte qu’elles correspondent désormais aux "documentations techniques et interfaces de programmation nécessaires pour obtenir une copie protégée d’une oeuvre protégée" [2], ce qui n’a d’un strict point de vue technique absolument aucun sens, et semble même contraire au principe de base de l’interopérabilité [3].

Cette disposition a en réalité fermé la porte à toute possibilité de développer des produits interopérables avec un DRM sans l’accord de son éditeur (il reste la possibilité coûteuse de décompilation, mais elle existait déja dans le droit d’auteur sur les logiciels, il ne s’agit donc en aucun cas d’une avancée).

Il est intéressant de noter qu’aucun des sous-amendements à cet article, proposés par l’UDF et destinés à rétablir la rédaction initiale de l’assemblée, n’a été voté, le PS s’étant systématiquement abstenu. Alors que l’UMP a massivement voté pour cette nouvelle version "porte close" de l’interopérabilité, le PS a, ainsi que la majeure partie des députés UDF, tout comme le PC et les Verts, voté contre. Il a néanmoins été adopté.

« Art. L. 331-5-2. - Tout éditeur de logiciel, tout fabricant de système technique et tout exploitant de service qui souhaite assurer l’interopérabilité des systèmes et des services existants peut demander à l’autorité de favoriser ou de susciter une solution de conciliation, dans le respect des droits des parties, pour obtenir du titulaire des droits sur la mesure technique les informations essentielles à l’interopérabilité. »

« On entend par informations essentielles à l’interopérabilité la documentation technique et les interfaces de programmation nécessaires pour obtenir une copie protégée d’une reproduction protégée par une mesure technique et une copie protégée des informations sous forme électronique jointes à cette reproduction. » ...

« Le procès-verbal de conciliation dressé par l’autorité précise le format dans lequel sont délivrées ces informations essentielles, dans des conditions équitables et non discriminatoires et moyennant une rémunération appropriée. Il précise les engagements pris par le bénéficiaire pour garantir la préservation de l’efficacité et de l’intégrité de la mesure technique, ainsi que le respect des conditions d’accès et d’usage du contenu protégé défini par les titulaires de droits. »

« Le titulaire des droits sur la mesure technique ne peut imposer au bénéficiaire de renoncer à la publication du code source et de la documentation technique de son logiciel indépendant et interopérant que s’il apporte la preuve que celle-ci aurait pour effet de porter gravement atteinte à la sécurité et à l’efficacité de ladite mesure technique. » ...

« À défaut de conciliation, l’Autorité de régulation des mesures techniques, après avoir mis les intéressés à même de présenter leurs observations, prend une décision motivée de rejet de la demande ou émet une injonction prescrivant, au besoin sous astreinte, les conditions dans lesquelles le demandeur peut obtenir l’accès aux informations essentielles à l’interopérabilité et les engagements qu’il doit respecter pour garantir l’efficacité et l’intégrité de la mesure technique, ainsi que les conditions d’accès et d’usage du contenu protégé. »

L’article 9 qui crée cette "haute autorité de l’hypothétique interopérabilité des mesures techniques", qui aurait pu être rejeté grâce aux voix des sénateurs du groupe PS [4] est lui aussi adopté, grâce à leur abstention.

Les articles "Vivendi-Universal" : insécurité juridique maximale

L’article 12bis (volet pénal du "Vivendi-Universal") permettant de condamner à jusqu’à 3 ans de prison et 300.000€ d’amende l’éditeur d’un logiciel "manifestement destiné à la mise à disposition du public d’œuvres protégées" a ensuite été examiné. Les sénateurs du groupe PS n’ont pas cru bon de voter l’amendement de Mme Blandin (Verts) remplaçant le terme "manifestement" par "explicitement". Cet amendement aurait pourtant permis de transformer cette arme de dissuation massive pour la libre concurrence sur le marché des logiciels de lecture d’oeuvres en un réel outil de lutte contre les logiciels ayant vocation à faire des bénéfices grâce à l’échange non-autorisé d’oeuvres [5].

« Art. L. 335 - Est puni de trois ans d’emprisonnement et de 300 000 € d’amende, le fait :

« 1° D’éditer, de mettre à la disposition du public ou de communiquer au public, sciemment et sous quelque forme que ce soit, un logiciel manifestement destiné à la mise à disposition du public non autorisée d’œuvres ou d’objets protégés ;

« 2° D’inciter sciemment, y compris à travers une annonce publicitaire, à l’usage d’un logiciel mentionné au 1°. »

Attention
Quelles seront les conséquences sociales d’un tel texte ?

Les sénateurs PS ont aidé leurs collègues de la majorité UMP en votant contre un amendement de suppression de cet article 12bis. Puis le dernier alinéa [6], qui atténuait pourtant très nettement sa portée a été supprimé. L’article ainsi re-rédigé a été voté grâce à l’abstention du groupe PS.

Alors que le volet civil du "Vivendi-Universal", l’article 14 quater devait être retiré du texte de loi, d’après les travaux du rapporteur, pour qui il risquait de susciter une "incertitude juridique" [7], il a finalement été réintroduit, dans une nouvelle version.

Ce dispositif permet aux titulaires de droit d’avoir recours au Tribunal de Grande Instance pour forcer un éditeur de "logiciel principalement utilisé pour la mise à disposition illicite d’oeuvres" à prendre "toute mesures nécessaires à la protection desdits droits et conformes à l’état de l’art" (c’est à dire forcer un éditeur de logiciels à intégrer un dispositif de contrôle de l’usage, ce qui est parfaitement impossible dans le cadre de logiciels libres). Il a été voté.

Cette version se voit adjointe de la création d’un exotique "registre public" dans lequel les titulaires de droits devront inscrire leurs oeuvres. Ainsi il peut être forcé à tout éditeur d’obliger son logiciel de communication à regarder dans ce registre avant d’autoriser tout clic sur internet. [8] Il n’est nulle part expliqué comment l’on devra faire pour qu’un logiciel libre puisse contraindre ses utilisateurs...

« Art. L. 336-1. - Il est créé un registre public dans lequel les titulaires des droits prévus aux livres Ier et II inscrivent, pour leurs œuvres et objets protégés diffusés sous forme numérisée, les informations d’identification ainsi que les informations relatives aux droits et aux conditions d’utilisation.

« Ces informations sont accessibles librement et sans contrepartie, dans un standard ouvert au sens de l’article 4 de la loi n° 2004-575 du 21 juin 2004 pour la confiance dans l’économie numérique.

« Un décret en Conseil d’État précise la nature des œuvres et objets protégés concernés et les modalités de mise en œuvre du registre.

« Art. L. 336-2. - Lorsqu’un logiciel est principalement utilisé pour la mise à disposition illicite d’œuvres ou d’objets protégés par un droit de propriété littéraire et artistique, le président du tribunal de grande instance, statuant en référé, peut ordonner sous astreinte à l’éditeur du logiciel toutes mesures nécessaires à la protection desdits droits et conformes à l’état de l’art.

« Ces mesures peuvent s’appuyer sur l’utilisation des informations mentionnées à l’article L. 336-1. Elles ne peuvent toutefois avoir pour effet de dénaturer les caractéristiques essentielles ou la destination initiale du logiciel.

Toujours plus fort : le filtrage d’internet à la chinoise

Quelques dispositions d’un genre nouveau sont encore plus choquantes.

Le dernier alinea de l’article 7, voté la veille (amendement de MC Blandin corrigé en séance par des sénateurs PS), d’apparence anodine, explique :

« Les dispositions du présent chapitre n’autorisent pas la mise en place de dispositifs matériels ou logiciels permettant la surveillance des données émises, traitées ou reçues par les personnes, sans autorisation préalable de la Commission nationale de l’informatique et des libertés. »

Ce qui permet de penser que la CNIL pourrait donner l’autorisation de mettre en place des dispositifs permettant la surveillance des données émises, traitées ou reçues par les personnes sur Internet !

Gageons qu’il s’agit d’une erreur qui sera corrigée par la Commission Mixte Paritaire...

Le nouvel article 14 ter A est lui aussi assez innovant :

« Art. L. 335-12. ‑ Le titulaire d’un accès à des services de communication au public en ligne doit veiller à ce que cet accès ne soit pas utilisé à des fins de reproduction ou de représentation d’œuvres de l’esprit sans l’autorisation des titulaires des droits prévus aux livres Ier et II, lorsqu’elle est requise, en mettant en œuvre les moyens de sécurisation qui lui sont proposés par le fournisseur de cet accès. »

Ainsi est née la possibilité pour les fournisseurs d’accès à internet d’obliger leurs utilisateurs à installer tel ou tel logiciel de filtrage, à leur discrétion, sous prétexte de lutter contre la "reproduction d’oeuvres de l’esprit".

Qu’adviendra-t-il des nuisibles partageant aux quatres vents leurs connexions Wifi ? Seront-ils jetés en prison ? Tout père de famille ou employeur devra-t-il devenir administrateur réseau, ou se laisser guider par son fournisseur d’accès qui lui fournira aimablement les logiciels adéquats ? Ou s’arrêtera cette sécurisation ? Quel usage pourront faire les opérateurs des données éventuellement collectées par ces "moyens de sécurisation" ? Il semblerait qu’aucune réponse à ces questions ne se trouve dans la loi...

quelques maigres satisfactions...

Ne désespérons surtout pas. Au milieu de toutes ces aberrations technico-juridiques se nichent tout de même quelques perles susceptibles de redonner le sourire :

A la surprise générale, l’article 7bis, concernant l’obligation du dépôt des codes source des DRM aux organismes de l’État chargés de la sécurité des systèmes d’information (DCSSI) et de la protection des données personnelles (CNIL), n’a pas été repoussé et reste donc dans le texte voté en deuxième lecture. (grognements dans les tribunes chez les 4-5 représentants de Vivendi-Universal et les lobbyistes d’autres producteurs/vendeurs-de-lessive)

De même, contre toute attente, et contre l’avis du gouvernement, un amendement 23 qui était sensé supprimer l’autorisation de contournement de mesure technique à des fins d’interopérabilité dans l’article 13, est rejeté [9].

[...]

Fait symptomatique : David Assouline, qui conduisait les votes du PS avec Catherine Tasca, qui avait pourtant voté contre cet amendement, interpelle le président de séance et s’étonne du résultat du vote. Celui-ci, un peu agacé que l’on conteste ainsi ses facultés à présider, lui donne le résultat du décompte des mains levées : 11 contre et 10 pour [10]. Assouline parait étonné, comme s’il avait voté en pensant que l’amendement serait de toute façon adopté, comme s’il s’en voulait que sa voix ait pu servir au rejet de cet amendement, pourtant en faveur de l’interêt du plus grand nombre... Les 4-5 employés de Vivendi-Universal présents dans les tribunes pestent. Les citoyens sont interloqués. Est-il possible que le groupe PS ne vote sur des amendements qui ne sont pas les siens que lorsqu’il est sûr que cela ne change rien ? [11]

C’est après ces nombreux actes d’un courage politique inégalé que les sénateurs du groupe PS ont pu majestueusement voter contre le texte dans son ensemble... qui a de toute façon bien évidemment été adopté, grâce à l’abstention des sénateurs UDF, de certains RDSE [12] et de non-inscrits. Interrogé au téléphone, l’assistant de Mme Tasca fanfaronne : "Vous avez vu ? On a voté contre le texte, hein ?"... Oui, oui... on a VU...

Prochain (et dernier ?) épisode pour un texte qui aujourd’hui ne satisfait sans-doute personne, pas même Vivendi-Universal, SACEM ou BSA : La Commission Mixte Paritaire [13].

Post-scriptum :

Je m’associe à de nombreux internautes et citoyens qui ont avidement suivi ces débats pour remercier du fond du coeur, pour leur courage, leur détermination, et leur ardeur à lutter contre les dispositions les plus liberticides de ce texte, les sénateurs suivants :

Mme Blandin (Verts), Mme David (PCF), Mme Morin-Dessailly (UDF), M. Nogrix (UDF), M. Ralite (PCF), M. Renar (PCF) et M. Retailleau (MPF/NI).

Nous serons nombreux à ne pas oublier votre combat pour la justice et pour la liberté.

[1] c’est-à-dire par exemple "c’est 10M$ pour tout le monde."

[2] par opposition aux "documentations techniques et interfaces de programmation nécessaires pour obtenir une copie dans un standard ouvert d’une oeuvre protégée" de la rédaction initiale de l’Assemblée

[3] si la copie est "protégée" il est alors impossible de la lire avec un logiciel concurrent de l’éditeur initial

[4] Assouline, Charasse, Lagauche, Tasca, Jung présents dans l’hémicyle

[5] ce qui était l’objectif officiel de cet article dont les reponsables de SUN Microsystems, du BSA, d’ObjectWeb et de la Free Software Foundation s’accordent à dire qu’il crée une insécurité juridique nuisible à l’innovation...

[6] voté à l’assemblée par les députés Carayon et Cazenave et qui précisait "cette disposition ne s’applique pas aux logiciels permettant la recherche, le travail collaboratif..."

[7] « les dispositions du présent article risquent de susciter, du fait de leur imprécision, une incertitude juridique qui peut être préjudiciable au développement de l’Internet, et contre laquelle la très grande majorité des acteurs de l’économie numérique l’ont vivement mise en garde. » dans ce rapport

[8] A ce point de la lecture, quiconque étant légèrement érudit aux technologies de l’information devrait ricaner ironiquement, ou être légèrement mal à l’aise.

[9] son amendement homologue pour l’article 14, symétrique de l’article 13 a donc naturellement été lui aussi écarté.

[10] L’amendement a en fait été rejeté grâce à la voix contre du courageux sénateur UMP, dissident, Gaillard.

[11] Cela pourrait signifier que ce parti "d’opposition" ne serait là que pour laisser passer le texte tout en faisant mine de s’y opposer... ?

[12] Rassemblement Démocratique et Social Européen (divers-droitesorte d’héritier des " radicaux ", rassemblant des radicaux de gauche et de droite

[13] composée à moitié de députés et à moitié de sénateurs, la CMP tranchera au terme de sessions de débat fermées au public


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le RDSE
Le jeudi 18/05 - 14:04
Le RDSE n’est pas uniquement composé de "divers droite". C’est en fait une sorte d’héritier des "radicaux", rassemblant des radicaux de gauche et de droite. Thiollière est radical de droite (Parti Radical, dit Parti radical valoisien car son siège est place de Valois à Paris). Le groupe RDSE s’est d’ailleurs divisé sur le vote.

http://

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    le RDSE
    Le vendredi 19/05 - 14:37
    par jz
    Merci pour cette précision. Je me suis permis d’insérer une partie de votre message en lieu et place de l’erreur que j’avais commise.

    http://

    Répondre à ce message

DADVSI : le pire du pire adopté au Sénat
Le vendredi 12/05 - 23:30
par Fred

Merci - Belle analyse du travail du sénat sur ce projet de loi rétrograde et inique.

Je partage assez votre analyse de la position du PS ; je crains que les députés et sénateurs socialistes ne se soient pas réellement intéressés à cette loi. La lecture des transcriptions des débats au sénat et à l’assemblée nationale m’a laissé l’impression qu’ils se sont avoués vaincus trop tôt sur ce texte et qu’ils se sont reposés sur les verts et sur le PC ; espérons que le climat politique actuel nous aidera à pousser les socialistes à l’action en CPM et seconde lecture

J’avoue que je crains quand même le pire. Je vis à Brest, une ville socialiste depuis longtemps, labélisée internet, qui a fait beaucoup d’effort pour amener internet au plus près de tous les citoyens en installant des postes d’accès dans de nombreux lieux publics, qui a promu le logiciel libre en éditant et en distribuant gratuitement des cdroms comprenant un ensemble de logiciels libres grand public... Mais je n’ai pas entendu un seul de tous les élus brestois, en particulier socialistes, prendre position publiquement sur ce projet de loi... J’ai peiné à obtenir une réponse de ma députée PS pour connaître sa position... J’ai véritablement l’impression que la représentation nationale dans son ensemble n’a pas pris la mesure de l’enjeu.

J’ai bien peur que, comme le souligne M J. Ralite, les législateurs ne se soient retrouvés « devant une accumulation de mots machines qui rompent avec le français ordinaire, et même avec la langue du droit, ce qui [les a privé] en définitive de [leurs] réels droits de législateurs »



http://

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DADVSI : le pire du pire adopté au Sénat
Le vendredi 12/05 - 14:56

Simplement merci... pour ce très bon compte rendu.

Malheureusement, l’affaire Clearstream occupe toute la place médiatique. DADVSI, c’est du passé pour les médias.



http://

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    DADVSI : le pire du pire adopté au Sénat
    Le vendredi 12/05 - 16:55
    par jz

    merci pour ce merci ! :)

    M’est avis que l’impact à l’international sera peut-être plus important qu’en France : certaines entreprises vont renoncer à leurs investissements chez nous. Comme disait le président d’ObjectWeb (consortium produisant du logiciel libre et réunissant Bull, Thalès, Dassault Aviation, RedHat, INRIA, CEA, CNRS, etc..) "[l’article 7 massacré, les articles 12bis et 14 quater] seraient de nature à placer la France dans une situation délicate et à affaiblir encore un peu plus son industrie du logiciel, déja en difficulté." et sur la disparition des dispositions de l’article 7 "[elle] pourrait conduire ObjectWeb à remettre en question son implantation en France."

    Cette loi fera également peut-être parler de la France par la façon dont y sont rédigées les lois, surtout sur un sujet aussi crucial, sous l’influence permanente des lobbies.

    Elle fera aussi et peut-être surtout beaucoup rire, du point de vue de son absurdité et de sa faible applicabilité.

    Mais tout n’est de toute façon pas fini. La CMP peut encore modifier le texte assez radicalement, et le contexte politique actuel pourrait lui-aussi très nettement changer les choses....



    La lettre du président d’ObjectWeb

    Répondre à ce message

      DADVSI : le pire du pire adopté au Sénat
      Le samedi 13/05 - 13:07
      par boarf
      Merci également pour ce compte-rendu... je n’avais pas pu tout suivre des débats du sénat (révisions des examens de fin d’année, comprenez...). Finalement aucun parti politique ne semble meilleur que l’autre, ils sont tous aussi nuls. Je m’interroge également sur l’avenir de l’informatique en france...

      http://

      Répondre à ce message

        DADVSI : le pire du pire adopté au Sénat
        Le dimanche 14/05 - 09:51
        par Hugo Chavez

        Si l’on considère qu’il n’y a que deux partis en France, L’UMP et le PS, ils sont effectivement tous nuls.

        Si l’on croit les médias qui presentent les petits partis sous l’éclairage le plus extremiste, il n’y a effectivement que deux partis en France.

        Le problème en France, ce n’est pas l’absence de parti, c’est que les électeurs regarde la télé qui leur dit que le PS a voté contre la loi DADVSI, et ils la croient.

        Ce très bon compte rendu mets au grand jour cette gigantesque mascarade ou le PS manipule son vote pour paraitre contre, tout en ne faisant pas obstacle à cette loi, j’espère qu’un nombre croissant d’électeurs éviterons de voter UMP,PS,BLANC,NUL, OU ABSTENTION au prochaines élections.

        Merci pour ce très bon compte rendu.



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