Sous l’intitulé "La guerre des DVD contre les consommateurs", BusinessWeek analyse de façon pertinente les futurs DRM que les industriels s’apprêtent à intégrer dans les successeurs du format DVD : Blu-Ray et HD-DVD.
Des scenarii tous plus orwelliens les uns que les autres sont évoqués, dans lesquels par exemple un fabriquant se réserve la possibilité de désactiver à distance des appareils dont le système de DRM aurait été "cracké" ("Maman ? pourquoi le lecteur de DVD ne marche plus ?").
De biens beaux exemples de l’absurdité pour les industriels de tenter de pallier un manque flagrant d’innovation par un techno-protectionnisme coûteux et nuisible pour tout le monde. Pour imposer cela aux consommateurs, il fallait au moins un traité OMPI/DMCA/EUCD/DADVSI !
Qui a dit "Boycott !" ?
Un remarquable article du International Herald Tribune revient sur les incroyables pressions que les lobbyistes de tous poils ont fait peser sur les députés et les sénateurs au cours de l’examen du projet de loi DADVSI.
Leurs procédés y sont précisément décrits, et beaucoup y sont explicitement nommés : Vivendi-Universal (et son "énergique" représentante Sylvie Forbin), Apple, Time-Warner, Thomson, l’ARP ... et EUCD.INFO.
La liste, incomplète (il manque notamemnt la SACEM) révèle bien du déséquilibre de l’influence, au profit des producteurs de contenus et de logiciels de contrôle...
La Ligue Odebi vient de publier un rapport d’étape en provenance du Ministère de la Culture et de la Communication qui ne laisse rien augurer de bon sur l’évolution du projet de loi Droit d’Auteur et Droits Voisins dans la Société de l’Information (DADVSI)
En effet, le document respire l’influence des grands groupes par tous les pores. On y retrouve en vrac : l’interdiction de la copie privée pour les DVD, l’encadrement de la copie privée par des logiciels propriétaires (limitation du nombre de copies privées), des amendes pour les contournements - même légitimes - de mesures techniques de protection, la négation du principe même d’ouverture des logiciels libres, la criminalisation d’éditeurs de logiciels, etc.
Notons que la page 15 est une véritable perle en forme de tract, énonçant des principes généraux d’une démagogie assourdissante mêlés à des mensonges éhontés. Espérons que les députés à qui était destiné ce document l’auront apprécié à sa juste valeur.
Tout ceci serait tristement amusant s’il ne s’agissait que d’un simple problème de compréhension. Mais au vu du nombre d’auditions qui ont été effectuées récemment au ministère, il est hélas permis d’en douter... La suite de l’examen du texte risque d’être saignante.