La nouvelle sonne comme une réaction directe à la promulgation du ridicule texte Français sur le droit d’auteur (DADVSI) par lequel les industriels de la culture espèrent imposer leurs modèles économiques obsolètes.
Le Parti Pirate suédois, organisation quelque peu extremiste créée suite à la saisie abusive, sous la pression de la MPAA et du gouvernement américain, des ordinateurs de The Pirate Bay (et de ceux de 200 sociétés qui étaient hébergés dans le même local !), vient de lancer un service commercial qui risque de faire parler de lui.
Baptisé Relakks, ce réseau payant (temporairement inaccessible, victime du succès de son annonce !) est un "Darknet", un réseau permettant de surfer ou d’utiliser le peer-to-peer de façon complètement anonymisée, permettant à ses souscripteurs d’échanger ce que bon leur semble, sans crainte d’être surveillés ou embêtés.
Il était inévitable que de tels services deviennent accesibles au grand public. Il s’agit en somme d’une adaptation naturelle du réseau à la politique rétrograde et répressive des industriels... Le seul problème est qu’il sera désormais impossible d’obtenir des données statistiques sur qui écoute/regarde quoi, qui veut écouter/regarder quoi...
Dommage pour les industriels qui ont raté ici une formidable occasion de se doter avec le p2p d’outils marketing surpuissants... Yay !
Sous l’intitulé "La guerre des DVD contre les consommateurs", BusinessWeek analyse de façon pertinente les futurs DRM que les industriels s’apprêtent à intégrer dans les successeurs du format DVD : Blu-Ray et HD-DVD.
Des scenarii tous plus orwelliens les uns que les autres sont évoqués, dans lesquels par exemple un fabriquant se réserve la possibilité de désactiver à distance des appareils dont le système de DRM aurait été "cracké" ("Maman ? pourquoi le lecteur de DVD ne marche plus ?").
De biens beaux exemples de l’absurdité pour les industriels de tenter de pallier un manque flagrant d’innovation par un techno-protectionnisme coûteux et nuisible pour tout le monde. Pour imposer cela aux consommateurs, il fallait au moins un traité OMPI/DMCA/EUCD/DADVSI !
Qui a dit "Boycott !" ?
Depuis dimanche 14 mai, quelques jours après le saccage vote au Sénat du texte sur le droit d’auteur, le site de l’Assemblée Nationale fait état d’une deuxième lecture et d’un renvoi en Commission des Lois.

Bug grossier du personnel de l’Assemblée ? Peu probable, et une telle maladresse n’aurait pas duré pendant deux jours...
Le ministre aurait-il tenu sa promesse d’appeler une deuxième lecture en cas de désaccord entre les deux chambres ? (En séance du 9 mars 2006 : "J’ai pris l’engagement devant vous, au nom du Gouvernement, en cas de divergence fondamentale entre l’Assemblée nationale et le Sénat, de ne pas convoquer immédiatement la commission mixte paritaire, mais d’organiser une navette." )
Il subsisterait dans ce cas un espoir que ce texte puisse devenir autre chose que le sac de noeuds illisible, dangereux et inapplicable que nous a livré le Sénat...
DADVSI : Appel commun au retrait de l’ordre du jour parlementaire
Paris, le 9 mars 2006. Communiqué de presse.
« Étant donné les conditions d’examen du projet de loi DADVSI, il est devenu indispensable que le gouvernement retire ce texte : il n’est pas possible aujourd’hui de parvenir à une loi assurant de façon juste et équilibrée le respect des droits du public et des créateurs. Seul le retrait du texte de l’ordre du jour peut permettre de reprendre un débat serein, et de légiférer dans l’intérêt général, pour aboutir à un texte dont chacun reconnaisse la légitimité. »
Signataires : Free Software Foundation France, EUCD.INFO, Ligue ODEBI, APRIL, Alliance Public-Artistes : SPEDIDAM, ADAMI, FNS, SNM-FO, SAMUP, SNEA-UNSA, UMJ, SAIF, UPC, SNAP-CGT, Quartz Electronic Music Awards, La Ligue de l’enseignement, UNAF, Audionautes,CLCV, UFC Que-Choisir.
Jon Lech Johansen est connu sous le sobriquet de "DVD Jon" depuis qu’il a, à l’âge de 16 ans, cassé CSS, le mécanisme de brouillage du contenu des DVD (Il avait à l’époque réalisé DeCSS afin de pouvoir lire un DVD qu’il avait acheté sous son système GNU/Linux) Le procès que lui a intenté l’industrie du cinéma (il a finalement été acquitté) semble lui avoir donné, en plus d’un solide bagage juridique, une conscience politique et une dent contre les industriels du contenu.
Il vient en effet de déposer le nom de domaine deaacs.com, montrant sa nette volonté de s’attaquer à AACS, le mécanisme de contrôle de l’usage des futurs media en
Il s’explique sur son site : "Quiconque a lu les termes de la licence du CSS sait que l’objectif principal est le contrôle du marché des lecteurs [et non d’empêcher le piratage]. N’adorez-vous pas quand votre lecteur de DVD vous dit "cette opération est interdite" lorsque vous tentez de passer l’intro [et les pubs] ? .../... vivement que des produits protégés par AACS sortent !"
Après Sony-BMG et son logiciel espion Sony-BMG "XCP", c’est au tour de Virgin Music d’intégrer dans ses CD de "Coldplay" des dispositifs techniques de restriction d’usage assez halucinants. Cette fois-ci au moins ils ne sont pas camouflés, comme le prouve la longue liste, imprimée sur la jaquette, des usages qui sont interdits par le CD que vous venez d’acheter... Pas de mp3, pas de lecture dans un lecteur de DVD, un autoradio, etc.

Le plus beau est que les conditions d’utilisation stipulent "aucun échange ou remboursement ne sera consenti, sauf en cas de défaut de fabrication". Au moins ça a le mérite d’être clair.